antidreyfusard
Définition
Un antidreyfusard est une personne qui, pendant l'Affaire Dreyfus (1894-1906), s'opposait à la révision du procès du capitaine Alfred Dreyfus, un officier français juif injustement condamné pour trahison. Ce terme désigne plus largement les individus ou les groupes qui défendaient la condamnation initiale, souvent par nationalisme, antisémitisme, ou par respect absolu de l'autorité militaire et judiciaire. Les antidreyfusards s'opposaient frontalement aux "dreyfusards", qui, comme Émile Zola avec son célèbre "J'accuse...!", luttaient pour la vérité et la justice. Cette division a profondément marqué la société française, séparant le pays en deux camps idéologiques : d'un côté, les défenseurs des droits individuels et de la justice ; de l'autre, les partisans de la raison d'État, de l'ordre établi et parfois des préjugés antisémites. L'antidreyfusisme représente ainsi une position conservatrice, souvent teintée de xénophobie, hostile à la remise en cause des institutions.
Définition simple
Personne qui, pendant l'Affaire Dreyfus, était contre la révision du procès du capitaine Dreyfus, condamné à tort. Elle s'opposait aux "dreyfusards" qui voulaient faire éclater la vérité.
✏️Exemples d'utilisation
- •"La presse antidreyfusarde de l'époque attaquait violemment Zola et les partisans de Dreyfus."
- •"Certains militaires hauts gradés étaient farouchement antidreyfusards, refusant de douter de la justice de l'armée."
- •"Aujourd'hui, on qualifie parfois une personne de "mentalité antidreyfusarde" lorsqu'elle refuse obstinément de reconsidérer une erreur judiciaire avérée."
💡À retenir
Le terme "antidreyfusard" dépasse le simple contexte historique. Il est souvent utilisé pour décrire une attitude de refus de reconsidérer une décision officielle, par conservatisme, par nationalisme aveugle ou par préjugé. Il illustre comment une affaire judiciaire peut diviser une nation et devenir un symbole des luttes entre justice individuelle et raison d'État, entre progrès et tradition. Son emploi moderne sert à critiquer un certain immobilisme ou un refus de remettre en cause l'autorité.
