📦Nom féminin/a.pɔs.tʁɔ.fa/rare

apostropha

#rhétorique#littéraire#discours

Définition

L'apostropha est une figure de style, aujourd'hui plus connue sous le nom d'apostrophe, qui consiste à interpeller directement une personne (réelle ou imaginaire), un objet, un concept ou une entité absente ou abstraite, en rompant soudainement le fil du discours. Cette rupture vise à créer un effet dramatique, à solliciter l'attention de l'auditoire ou à exprimer avec force une émotion (colère, admiration, supplication, indignation). En littérature, elle permet de donner vie à des éléments inanimés ou de confronter symboliquement un interlocuteur. Historiquement, le terme "apostropha" désignait spécifiquement cette interruption oratoire dans les traités de rhétorique antique, où elle était utilisée pour amplifier un argument ou capter la bienveillance du public. Elle est fréquente dans la poésie, les discours politiques et les textes engagés.

Définition simple

L'apostropha, c'est quand dans un texte ou un discours, on s'adresse brusquement à quelqu'un (ou quelque chose) qui n'est pas forcément là, comme si on le interpellait pour exprimer une émotion forte.

✏️Exemples d'utilisation

  • "« Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie ! » (Corneille, s'adressant à des concepts abstraits dans Le Cid)."
  • "« Merci, mon Dieu ! Je suis heureux de cette misère. » (Hugo, apostrophant Dieu dans Les Contemplations)."
  • "« Et vous, mes amis, que pensez-vous de cette situation ? » (Un orateur rompant son exposé pour interpeller son public)."

💡À retenir

Bien que le terme "apostropha" soit peu usité aujourd'hui au profit d'"apostrophe", sa compréhension est essentielle pour analyser les textes littéraires et les discours. Cette figure de style n'est pas qu'un artifice : elle révèle souvent l'état d'esprit du locuteur (lyrisme, colère, passion) et crée une complicité ou une tension avec le lecteur/auditeur. La reconnaître permet de mieux saisir les intentions de l'auteur et les effets recherchés.

Étymologie

Le mot "apostropha" est un terme rare directement issu du latin "apostropha", lui-même emprunté au grec ancien ἀποστροφή (apostrophḗ). En grec, ce mot signifie "action de se détourner", "retour", puis par extension, "apostrophe" rhétorique. Il est formé du préfixe "apo-" (éloignement) et de la racine "strophḗ" (tour, action de tourner). Il est à distinguer de l'apostrophe (signe typographique '), bien que les deux partagent une origine commune liée à l'idée de détour ou d'ellision.

💬 Exemples d'utilisation

1

"« Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie ! » (Corneille, s'adressant à des concepts abstraits dans Le Cid)."

2

"« Merci, mon Dieu ! Je suis heureux de cette misère. » (Hugo, apostrophant Dieu dans Les Contemplations)."

3

"« Et vous, mes amis, que pensez-vous de cette situation ? » (Un orateur rompant son exposé pour interpeller son public)."

💡 À retenir

Bien que le terme "apostropha" soit peu usité aujourd'hui au profit d'"apostrophe", sa compréhension est essentielle pour analyser les textes littéraires et les discours. Cette figure de style n'est pas qu'un artifice : elle révèle souvent l'état d'esprit du locuteur (lyrisme, colère, passion) et crée une complicité ou une tension avec le lecteur/auditeur. La reconnaître permet de mieux saisir les intentions de l'auteur et les effets recherchés.

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